Les camps d'Astronomie
Depuis la suppression des camps de ski les élèves qui ne suivaient pas le cours facultatif d'observation astronomique n'avaient plus la possibilité de participer à des observations au télescope. C'est la raison pour laquelle nous avons profité de l'instauration (malheureusement provisoire) à Rousseau de semaines décloisonnées ("hors-cadre") pour proposer un thème pluridisciplinaire :
« ASTRONOMIE ET MYTHOLOGIE »
Cette formule a rencontré un vif succès puisque, les trois fois, il a fallu refuser des élèves, faute de places disponibles.
Ces camps avaient lieu au Chalet de l'Hermitage, au-dessus de l'Abbaye, dans la Vallée de Joux (VD). En 1988, ce camp fut dédoublé et une partie des élèves se rendirent à Arbaz (VS) où ils purent profiter des installations de l'observatoire.
Ces camps furent l'occasion d'expériences de vie communautaire exceptionnelles, puisque les installations de l'Hermitage sont particulièrement spartiates (cuisine et chauffage au bois, eau à la pompe, électricité à la génératrice). Les élèves s'occupaient des "tâches ménagères" (cuisine, vaisselle, bois, etc..). La journée était consacrée aux séminaires (environ 6 heures) et le soir aux observations.
Voici, à titre d'exemple, le rapport d'observation de l'édition 1997 :
SEMAINE HORS-CADRE « ASTRONOMIE ET MYTHOLOGIE » LES HERMITAGES (1205 m.), 29 SEPT.- 3 OCT. 1997
BILAN DES ACTIVITES
SEMINAIRES
Le programme des séminaires était ambitieux. Cependant, grâce à la motivation et à l'intérêt des élèves, et en réponse à leurs nombreuses questions, il nous a non seulement été possible de le parcourir entièrement, mais de le déborder largement.
Ainsi, en plus des notions présentées dans le document remis aux élèves, les sujets suivants ont-ils été abordés :
- Apparition des mythes, généalogie et filiation des dieux.
- La cosmogonie grecque.
- Etude de certains passages d'Hésiode (Les travaux et les jours) et analyse grâce à la carte céleste. Découverte d'un décalage d'un mois (précession des équinoxes)
- Le saros babylonien et la prédiction des éclipses.
- L'année et le cycle de Méton. Le calendrier actuel et les jours juliens. Jour solaire et jour sidéral.
- Eléments de spectrométrie. Température superficielle des étoiles.
- Notions d'évolution stellaire. Relation masse-luminosité. Nucléosynthèse des éléments.
- Etoiles variables (céphéïdes, longues périodes, novae)
- Détermination des distances (parallaxe, céphéïdes). Les unités (U.A. et années-lumière)
- Les éclipses et leur utilisation (vérification par Eddington de la théorie de la Relativité Générale d'Einstein).
- L'oeil et son utilisation nocturne (sensibilité des cellules en cônes et en bâtonnets).
- Rôle de l'atmosphère (fenêtres optique et radio, pollutions atmosphérique et lumineuse, la turbulence).
- L'échelle des grandeurs d'Hipparque, et les magnitudes.
- Les montures de télescopes (azimutale et équatoriale).
RAPPORT D'OBSERVATIONS
En raison d'une météo exceptionnelle et de l'absence de Lune (nouvelle Lune le 1 oct.), les conditions d'observation du ciel furent idéales. Hormis un bref passage nuageux jeudi soir, c'est l'ensemble d'une voûte céleste remarquable de transparence qui s'est offerte à nos yeux et à nos appareils. Les observations furent menées le soir, de 20h à 22h30, ainsi que le matin entre 4h30 et 6h, pour un total de plus de 10 heures, la journée étant réservée au travail en séminaires (plus de 16h), aux tâches ménagères (cuisine, vaisselle) et à la détente.
Matériel
- 1 télescope Heydenheim, type Newton, diamètre: 15cm, focale: 1m. Monture équatoriale à fourche.
- 2 télescopes Celestron 8PEC, type Schmidt-Cassegrain, diamètre 20cm, focale 2m. Monture équatoriale à fourche. Un des télescopes est équipé d'un ordinateur de pilotage "Astromaster".
- Jumelles. Cartes célestes "Sirius".
Introduction
Durant cette semaine les élèves se sont "acclimatés" aux notions délicates de géométrie sphérique, de coordonnées azimutales et équatoriales, de mouvements apparents de la sphère céleste. Ils ont appris à repérer le pôle céleste nord, l'équateur céleste ainsi que l'écliptique. Ils se sont familiarisés avec les divers chemins du ciel, et ont apprivoisé plus de 30 constellations. Enfin, ils ont pu observer, à l'oeil nu et au télescope, au moins un échantillon de chaque type d'objet céleste, à savoir, planètes, météorites, systèmes doubles, amas ouverts, amas globulaires, restes de supernovae, nébuleuses diffuses, nébuleuses planétaires et galaxies.
Le système solaire
Notre étoile: le Soleil . Nous en sommes distants de 150 millions de km (1 unité astronomique ou 8 minutes-lumière) . Son diamètre est de 1,5 millions de km soit environ 375 fois la distance Terre-Lune. Sa masse est de 2x1030 kg. Sa température superficielle est de 5800K, d'où son aspect jaune, alors que la température du centre, siège des réactions de fusion thermonucléaire, est de 15 millions K.
Le Soleil a été observé en mode projectif avec le télescope Newton et à l'aide d'un filtre milar de densité 4 avec le Schmidt-Cassegrain (grossissement 70x). Bien que proche du minimum d'activité (cycle de 11 ans), le Soleil présentait, sur le bord de son disque, un petit groupe de taches. C'est à Galilée, en 1613, que l'on doit la découverte de ce phénomène spectaculaire. Il utilisa d'ailleurs cette observation pour déterminer la période de rotation du Soleil sur lui-même (26 jours). L'aspect de ces taches est dû à une température locale légèrement plus faible (4500K) que celle du reste de la surface du Soleil (5800K). Elles correspondent à des régions où le champ magnétique est plus intense et sont associées à de gigantesques jets de matière incandescente, les protubérances. Le nombre de taches suit un cycle de 11 ans mesurant l'activité solaire.
Autre observation intéressante, l'assombrissement centre-bord, dû à la forme sphérique du Soleil.
Les planètes sont, comme la Terre, des satellites du Soleil. L'éclat des planètes, dû à la réflexion sur leur surface de la lumière solaire, est suffisamment élevé pour que la turbulence ne fasse pas clignoter l'astre : contrairement aux étoiles, les planètes ne scintillent pas. Se trouvant toutes dans le même plan, elles suivent dans le ciel la même trajectoire que le Soleil : l'écliptique.
Le Soleil, les planètes et d'autres petits corps (astéroïdes, comètes) constituent le système solaire.
Les planètes ont été observées avec des oculaires de 30mm (grossissement de 67X), 25mm (80X),12mm (167X) et 7mm (286X).
- Vénus : Dans la Vierge, D = 0,99UA (148 millions km) ; → = 17" ; φ = 0,7 ; m = -3,2.
Observée en début de soirée. Trop basse sur l'horizon Ouest, on l'observe furtivement entre les sapins. - Mars : Dans la Balance. D = 1,76UA (264 millions km) ; → = 5,3" ; φ = 0,91 ; m = 2,2.
Même problème que pour Vénus. Apparitions furtives entre les sapins. - Jupiter: Dans le Capricorne. D = 4,32UA (648 millions km); → = 45,5"; φ = 1 ; m = -1,5
Jupiter est la plus grosse planète du système solaire. Sa masse est de 318 MTerre et son diamètre est de 140'000 km, soit environ un tiers de la distance Terre-Lune. Sur le disque de la planète apparaissaient les bandes équatoriales plus sombres, formées par des nuages de la haute atmosphère agités par de violents alizés. Jupiter est entouré d'une cour de 16 satellites dont 4 visibles dans un petit instrument. Découverts en 1609 par Galilée, ils portent le nom de satellites galiléens : par ordre d'éloignement à la planète, Io, Europe, Ganymède et Callisto. Ces satellites gravitent tous dans le plan équatorial de la planète et apparaissent donc parfaitement alignés dans l'instrument. Leurs positions changent rapidement et les déplacements relatifs peuvent être mis en évidence au cours d'une même nuit. Le mouvement de ces satellites a pu être observé tout au long de la semaine. Il n'est pas nécessaire, pour réaliser cette observation, de disposer d'un gros appareil, chacun peut le faire à la jumelle, à condition d'utiliser un trépied photo, ou alors de caler ses coudes, pour éviter toute vibration de l'instrument. - Saturne : Dans les Poissons. D = 8,44UA (1,27 milliards km) ; → = 19,5" ; φ = 1 ; m = 1,6.
Planète géante (R = 9,5 RTerre ; M = 95MTerre ), essentiellement gazeuse (densité inférieure à celle de l'eau !). Sa particularité est son système d'anneaux visibles depuis la Terre. Il s'agit d'une très fine bande (de l'ordre du km.) mais s'étendant sur un diamètre de 300000km, contenant des gaz, des poussières, des morceaux de glace ou de minéraux. Superbe observation des anneaux où l'on distingue la séparation de Cassini, ainsi que la bande de crêpe. Saturne possède plus de 20 satellites, dont le plus gros, Titan (5000km de diamètre) a pu être observé à proximité de la planète. - Uranus : Dans le Capricorne. D = 19,4UA (3 milliards km) ; → = 3,4" ; φ = 1 ; m = 6,7Terre ; M = 14,5MTerre
Pointée aux coordonnées (Uranus n'est pas visible à l'oeil nu, même dans d'excellentes conditions). Le disque de la planète apparaît, au 12mm (G=167X), d'une belle couleur bleutée.
Les essaims de météorites sont associés aux orbites cométaires. Lorsqu' une comète s'approche du Soleil, sa surface va se sublimer (passage direct de l'état solide à l'état gazeux). Les gaz, les poussières et les fragments solides ainsi éjectés formeront les queues visibles de la comète. Ces particules parsèment la trajectoire de la comète, et y restent bien après son départ. Lorsque la Terre, dans sa rotation autour du Soleil, coupe cette trajectoire, des fragments et des poussières, attirés par la gravitation terrestre, vont tomber et s'échauffer dans l'atmosphère, devenant incandescents : ce sont les étoiles filantes ou météorites. On estime à 10'000 tonnes par année la masse totale de météorites atteignant le sol, la majorité, fort heureusement, sous forme de minuscules fragments.
Ces pluies d'étoiles filantes semblent provenir d'une région bien définie du ciel, le radiant, auquel on donne le nom de la constellation qui le contient. Par exemple, les Perséides, associées à la comète Swift-Tuttle, présentent un maximum, pouvant atteindre 10 météores à la minute, à la mi-août.
L'essaim des Draconides associé à la comète P/Giacobini-Zinner, dont la période est de 6 ans, a été observé (plusieurs dizaines d'étoiles filantes) proche de son maximum qui a lieu du 6 au 10 octobre. Vitesse de pénétration dans l'atmosphère relativement lente (25km/s).
Les constellations et les chemins du ciel
Ce genre d'observation s'effectue à l'oeil nu. Certains chemins remarquables permettent de se repérer facilement :
- Le grand polygone d'hiver : Rigel (Orion), Sirius (Grand Chien), Procyon ( Petit Chien), Castor et Pollux ( Gémeaux), Capella (Cocher), Aldébaran (Taureau). Très belle observation matinale.
- α - β de la Grande Ourse multiplié par 4 indique la Polaire (α Petite Ourse)
- Queue de la Grande Ourse- Arcturus (Bouvier)- Spica (Vierge).
- Cassiopée- γ , β Andromède- M31 (Grande Galaxie d'Andromède)
- Grand Triangle d'été : Véga (Lyre), Déneb (Cygne), Altaïr (Aigle). Visible presque toute la nuit.
- Le groupe d'Andromède : Andromède, Cassiopée, Persée, Céphée, Pégase.
- Le point γ par la bissectrice de la tête de Pégase.
L'écliptique : Trace dans le ciel du plan du système solaire. L'écliptique correspond à la trajectoire apparente dans le ciel du Soleil, de la Lune et des planètes. Le soir, l'écliptique est bas sur l'horizon sud, car il se trouve au-dessous de l'équateur céleste (Région Sagittaire, Capricorne), tandis que le matin, il se trouve au-dessus de l'équateur céleste (Région Taureau, Gémeaux). Les deux intersections entre l'écliptique et l'équateur céleste correspondent, lorsque le Soleil y passe, aux équinoxes. Lors de l'équinoxe de printemps, le Soleil se trouve à l'intersection située dans les Poissons (point γ). L'intersection correspondant à l'équinoxe d'automne se trouve dans la constellation de la Vierge
Le zodiaque : Bande des constellations (13 !) contenant l'écliptique et dotée de pouvoirs magiques par les astrologues. Observation le soir, d'ouest en est, de la Balance, du Scorpion, d'Ophiucus, du Sagittaire, du Capricorne, du Verseau et des Poissons. Le matin, toujours d'ouest en est, les Poissons, le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer et le Lion. Ainsi, les 13 constellations du zodiaque ont-elles pu être observées.
La Voie Lactée : Il s'agit de notre galaxie, vue de l'intérieur. Sa forme en galette fait que l'on observe beaucoup plus d'étoiles dans la direction de son plan que dans la direction perpendiculaire. Le soir, sa trace était bien visible, selon une orientation NE-SW, dans la région Aigle, Cygne, Cassiopée, Persée. Le matin, elle avait complètement changé d'orientation (NW-SE), et suivait le Cygne, Cassiopée, Persée, Cocher, Gémeaux et Grand Chien.
Les systèmes doubles ou multiples
Les étoiles doubles ou multiples sont liées physiquement, c'est-à-dire qu'elles gravitent autour d'un centre de gravité commun. L'étude de tels systèmes est très importante en astrophysique, puisqu'elle permet notamment de déterminer la masse des étoiles. En outre, l'observation des étoiles doubles permet de comparer la couleur des étoiles, qui est un indicateur de température superficielle (voir le paragraphe Spectroscopie).
- Mizar et Alkor : Système multiple observé à l'oeil nu, à la jumelle et au télescope. Mizar (x de la Grande Ourse, m = 2,4) forme avec Alkor (m = 4,0) un système double séparé par 12' d'arc soit environ un tiers du disque solaire. Au télescope, Mizar apparaît double, Mizar A (m = 2,4) séparée par 14" de Mizar B ( m = 4,0). Chacune des composantes est également une double spectroscopique (non observable aux instruments, mais détectée par le spectre.). Le système est distant de 60 al.
Note : 1" d'arc est l'angle sous lequel vous verriez un homme de 1,80m situé à 400km de vous ! - γ Del (Dauphin) : Observation au télescope de cette très belle double colorée. Distantes de 100 al., les deux composantes sont séparées par 10" d'arc. La composante jaune a une magnitude de 4,3 et la verte de 5,1.
- γ And (Alamak) : Ce système, distant de 260 al. est constitué d'une étoile orange de magnitude 2,1 et d'une bleue de magnitude 5,1, séparées par 10".
- β Cygn (Albiréo) : D = 410 al. Sép = 34". Une composante orange de magnitude m = 3,1 et une composante bleue de m = 5,1
Spectroscopie
Les spectres d'étoiles ont été obtenus à l'aide d'un réseau de diffraction de 217 traits par mm. Observation et comparaison des spectres d'une étoile bleue (Véga, type spectral A0, T = 12000K) et d'une étoile jaune (Arcturus, K2, T = 4000K).
Le matin, comparaison, en passant rapidement d'un télescope C8 à l'autre, des couleurs de Bételgeuse (Rouge, T = 3000K, classe spectrale M) et de Rigel (Bleue, T = 20000K, c.s. B) dans Orion.
Les objets Messier
Charles Messier (1730-1816). Premier astronome à étudier le retour de la comète de Halley, il va découvrir 46 comètes dont 21 inconnues. Louis XV l'honore du titre de "furet des comètes". Pour faciliter la recherche des comètes, il publie, entre 1771 et 1781, un catalogue contenant et décrivant une centaine d'objets nébuleux mais fixes, qui ne peuvent donc pas être des comètes. Supplanté aujourd'hui par d'autres catalogues plus riches et plus précis (par ex NGC), le catalogue Messier reste très utile pour l'astronome amateur. M13, par exemple est le 13ème objet du catalogue Messier.
Amas ouverts
Les amas ouverts (ou galactiques) sont situés dans les bras de la Galaxie. Ils sont riches en matière interstellaire dont les étoiles ont besoin pour se former. Ils sont constitués de quelques centaines d'étoiles jeunes (quelques dizaines de millions d'années), souvent encore entourées de la nébuleuse qui leur a donné naissance. Ils n'ont pas de forme particulière (d'où leur nom) et vont se disperser au gré des mouvements propres des étoiles qui les constituent.
- h et c Persée : (NGC 884 et 869). L'amas double de Persée est facilement repéré à l'oeil nu, puis aux jumelles. Observation aux jumelles et au télescope. Chacun des amas a un diamètre de 30', ce qui correspond à 70 al. Ils sont également séparés de 30' soit un diamètre solaire (ou lunaire). Il s'agit du plus jeune amas connu (6,4 millions d'années). Il est relativement proche de la Terre (8000al.)
- Les Hyades : Amas très dispersé entourant Aldébaran (a Tau). Moins peuplé que ses voisines les Pléiades, cet amas est également plus âgé (1 milliard d'années). Sa distance à la Terre est de 150 al.
- M 11 : Amas ouvert ou galactique, dans la petite constellation de l'Ecu. Appelé le "Canard Sauvage". M 11 a une magnitude de 6,3 et est distant de 5600 al. Il comporte 600 étoiles de magnitude inférieures à 15.
- M 34 : Amas ouvert dans Persée. Magnitude de 5,5. Il contient près de 2500 étoiles dont 12 de magnitude inférieure à 9. Distance à la Terre 1400 al.
- M35 : Très bel amas ouvert dans les Gémeaux. Magnitude de 5,3. Etendu mais néanmoins compact, il est distant de 2800al.
- M 36 : Situé dans le Cocher, sa magnitude est de 6,3. Contient 35 étoiles brillantes et colorées. Diamètre de 14 al. pour une distance à la Terre de 4200 al.
- M 37 : Egalement dans le Cocher. m = 6,2. Considéré comme un des plus beaux amas du ciel boréal. Distance à la Terre : 4700 al.
- M 38 : Encore dans le Cocher ! m = 7,4. Plus de 100 étoiles dans un diamètre de 21 al. D = 4300 al.
- M 41 : Situé dans le Grand Chien, à proximité de Sirius. m = 4,6. Quelques centaines d'étoiles (masse totale de 600 soleils) plongées dans un nuage d'hydrogène. Distance de 2500 al.
- M 44 : Amas de la Crèche situé dans le Cancer. Très bel amas peu dense et étendu de magnitude 3,7. Il contient plus de 2300 étoiles. Majoritairement jaunes ou orangées, la plupart des étoiles de l'amas sont doubles ou multiples. Agé de 500 millions d'années, l'amas ne contient plus de gaz interstellaire. Son diamètre est de 13 al. pour une distance à la Terre de 515 al.
- M 45 Les Pléiades : Superbe petit amas très lumineux (m = 1,6) situé dans le Taureau, il est facilement repéré à l'oeil nu, puis observé aux jumelles et au télescope. Il contient quelques 500 étoiles jeunes (20 millions d'années) encore nappées du nuage de gaz qui leur a donné naissance. Distance à la Terre : 300 al.
Amas globulaires
Les amas globulaires comptent parmi les objets les plus vieux de la Galaxie. Ils ont été formés en même temps qu'elle et gravitent autour de son noyau dans une région appelée le halo. Ils comportent généralement quelques centaines de milliers d'étoiles concentrées dans une sphère (d'où leur nom) de quelques centaines al. de diamètre. Ils sont dépourvus de matière interstellaire, ce qui fait que la formation de nouvelles étoiles y est impossible. Ainsi, toutes les étoiles d'un amas globulaire ont le même âge, mais se trouvent à des stades évolutifs différents selon leur masse.
- M 13 : Amas globulaire dans Hercule. L'amas d'Hercule comporte environ un million d'étoiles dans un diamètre de 100 al. Sa magnitude est de 5,7. Sa distance de 25000 al. Il est vieux d'environ 10 milliards d'années.
Restes de supernovae
Les étoiles massives (M > 5 MSoleil ) finissent leur vie par une gigantesque explosion qui les rend momentanément plus lumineuses que toute la galaxie qui les contient: ce sont les supernovae. Durant cette explosion, tous les éléments lourds, du fer à l'uranium, sont synthétisés. La matière est expulsée dans l'espace à des vitesses énormes (plusieurs milliers de km/s. ). Il reste donc une nébuleuse en expansion, contenant en son centre le noyau hyperdense de l'étoile morte, appelé pulsar ou étoile à neutrons.
- M 1: Nébuleuse du Crabe. Située dans le Taureau, elle n'est pas visible à l'oeil nu (m = 8,4). Il s'agit des vestiges de l'explosion d'une supernova, observée en 1054 par les astronomes chinois, mais qui en réalité avait explosé 3600 ans plus tôt, puisque distante de 3600 al. La nébuleuse s'étend dans le vide interstellaire à la vitesse respectable de 2000 km par seconde. Son centre est occupé par un pulsar tournant sur lui-même en 0,033s. Il s'agit d'un objet superdense puisqu'il contient 1 masse solaire environ dans une boule de 10 km de diamètre.
Nébuleuses planétaires
Les étoiles moins massives meurent moins violemment que les supernovae. En fin de vie, elles se contentent d'éjecter dans l'espace les couches superficielles de leur atmosphère. Il en résulte une bulle sphérique de gaz, la nébuleuse planétaire, avec en son centre, une petite étoile très dense et très chaude (T> 100000K) : une naine blanche. Cette matière ira enrichir le milieu interstellaire, et participera à la formation de nouvelles étoiles.
- M 27 : Nébuleuse de l'Haltère située dans la petite constellation du Renard. m = 7,6. Il s'agit de la nébuleuse planétaire la plus étendue du catalogue Messier, elle offre un superbe spectacle au télescope. Située à 2900 al. il s'agit des reste de l'explosion d'une étoile il y a 3500 ans. Son diamètre est de 2al. Elle contient en son centre une naine blanche de température superficielle égale à 85000K.
- M 57 : Anneau de la Lyre. Non visible à l'oeil nu (m = 9,3). Distance = 1400 al. Diamètre de la nébuleuse = 0,5 al. (environ 50"). L'étoile centrale est une naine bleue de m = 14,7 et de T = 75000K.
Nébuleuses diffuses
Comme leur nom l'indique, il s'agit de poches de gaz et de poussières, sans forme particulière, qui résultent de l'explosion des supernovae. Il s'agit de véritables pouponnières d'étoiles, puisque la formation stellaire a lieu à partir de cette matière interstellaire. Ces nébuleuses diffuses contiennent donc généralement de nombreuses étoiles jeunes dont la lumière est diffusée par la nébuleuse qui leur a donné naissance. Les nébuleuses se situent dans les bras de la Galaxie.
- M 42 : La grande nébuleuse d'Orion. Aisément visible à l'oeil nu, elle offre un spectacle saisissant aux jumelles et au télescope. La plus belle nébuleuse du ciel selon Messier lui-même. De magnitude 4,0, on la repère facilement parmi le joli petit amas du Trapèze. Située à 1500 al. elle englobe une grande partie de la constellation d'Orion, mais seules les parties qui contiennent des étoiles chaudes sont visibles par réflexion et fluorescence. Il s'agit d'un immense nuage d'hydrogène de quelque 700 masses solaires dont la partie visible contient une dizaine de masses solaires dans un diamètre de 100 al. Véritable nursery d'étoiles, elle contient énormément d'étoiles en formation, dont les 4 du Trapèze qui appartiennent à un amas âgé de moins de 30000 ans. C'est dans une nébuleuse de ce type, enrichie en éléments lourds au gré des cycles de vie et de mort des étoiles, que se sont formés notre Soleil et les planètes qui l'accompagnent. Par une extraordinaire et improbable croissance de la complexité, des molécules se sont organisées, assemblées, complexifiées, permettant l'émergence de la vie sur la Terre, aboutissant à un être suffisamment évolué pour se poser des questions sur son origine et se donner les moyens d'y répondre : comme le disait si joliment l'astrophysicien Hubert Reeves, nous sommes de la poussière d'étoile.
Galaxies
Les galaxies sont de gigantesques systèmes contenant de l'ordre de 100 milliards d'étoiles. Notre Galaxie appartient à un groupe de galaxies, appelé groupe local, et comportant notamment les Nuages de Magellan ainsi que la grande Galaxie d'Andromède.
- M 31 , Grande Galaxie d'Andromède : Repérage et observation à l'oeil nu et à la jumelle. M 31 est l'objet le plus lointain observable à l'oeil nu. Il s'agit d'une galaxie spirale, semblable à la Voie Lactée, comportant quelques 200 milliards d'étoiles ( masse = 370 milliards MSoleil ). Sa magnitude est de 4,8. Son diamètre de 110000 al. et sa distance à la Terre de 2,25 millions al. ce qui signifie que la lumière que nous recevons a été émise par cette galaxie au début de l'ère quaternaire ! En compagnie des Nuages de Magellan, Andromède appartient à notre amas local de galaxies et se rapproche de nous à la vitesse respectable de 270 km/s
- M 32 : Galaxie naine elliptique, satellite de la Grande Galaxie d'Andromède, elle apparaît dans le champ de l'oculaire 30mm, lors de l'observation de M 31. De magnitude 8,7, sa masse est de 4 milliards MSoleil pour un diamètre de 2300 al. S'étant fait prendre sa matière interstellaire par sa grande voisine, ses étoiles sont vieillissantes puisque leur renouvellement n'est plus possible.
- M 33 : Galaxie du Triangle dans la petite constellation du même nom. De magnitude 6,7 elle est éloignée de 2,35 millions al. Tout comme M31 et M32, elle fait partie de notre Groupe Local. Sa masse de 14 milliards MSoleil est équivalente à celle du Grand Nuage de Magellan, mais elle est plus étendue (46000 al. contre 21000 pour le GNM).
- M 81 : Galaxie spirale située dans la Grande Ourse. De magnitude 7,9 on peut la repérer aux jumelles, avec sa voisine M82, mais seulement dans de bonnes conditions d'observation (ciel pur sans pollution lumineuse, ce qui était le cas aux Ermitages). Distante de 8,5 millions al., elle présente un noyau brillant, ainsi que des bras nettement visibles au télescope.
- M 82 : Galaxie irrégulière explosive de la Grande Ourse, voisine de M81. De magnitude 8,8, elle apparaît dans l'oculaire 30mm centré sur M81, après une légère correction en déclinaison. Distante de 10 millions al. il s'agit d'une galaxie dont le noyau a explosé il y a 1,5 millions d'années, projetant sa matière dans l'espace à plus de 1000km/s.
Conclusion
Durant cette semaine, les découvertes furent riches et nombreuses, la moisson abondante :
- 32 constellations.
- 4 planètes
- 1 essaim de météorites
- 4 systèmes doubles ou multiples
- 19 objets Messier parmi lesquels des amas ouverts, des amas globulaires, des restes de supernovae, des nébuleuses diffuses, des nébuleuses planétaires ainsi que des galaxies.
Je me permets enfin de rappeler les buts que les organisateurs s'étaient fixés pour ce camp : une semaine d'échange et de partage, d'interrogations et de découvertes, de travail et de détente, de convivialité et d'amitié. Comme il l'a déjà été relevé lors du bilan, c'est un réel plaisir de constater que tous ces buts ont été largement atteints.
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